
Historique
Le couvent des Frères mineurs
C’est en 1243 que les Franciscains installent leur nouveau couvent entre l’église Saint-Antoine et la colline de la Citadelle de Liège. Lieu de prière, le couvent des Frères mineurs devient un espace privilégié de la vie publique de la Cité ardente : refuge pour les démunis, lieu de réunion de plusieurs métiers, espace de marchés, arsenal de la Ville de Liège dès 1577, même des contrats de mariage y sont passés…
Témoin privilégié de l’histoire politique de la ville, le couvent médiéval en subit évidemment les funestes épisodes jusqu’à sa complète reconstruction, dans le troisième quart du 17e siècle, dans le style architectural en vogue à l’époque et communément qualifié de « mosan ».
A la Révolution française, les religieux sont contraints de quitter les lieux (1796) et l’ensemble est scindé en cinq lots. Il abrite alors divers magasins, remises, etc. Il est aussi régulièrement livré aux charretiers réquisitionnés qui y sont logés dans les pires conditions.
La maison Chamart
Adossée à la colline du Péry et connue sous le nom d’un de ses anciens propriétaires, cette imposante construction se distingue du couvent proprement dit par ses façades ornées de cartouches et de blasons sculptés dans le tuffeau.
Jadis résidence du gardien ou supérieur de la communauté franciscaine dont il abritait aussi la bibliothèque et les archives, ce bâtiment du 17e siècle subit, comme le couvent, de lourds dommages lors des bombardements à la fin de la seconde guerre mondiale.
De 1963 à 1971, un vaste chantier de restauration rend à la maison Chamart son cachet de 1620. Elle abrite aujourd’hui les services administratifs et scientifiques du Musée ainsi que le théâtre de marionnettes et le Centre de Documentation.
L’église Saint-Antoine

Vers 1240, les disciples de saint François d’Assise, déjà présents à Liège depuis la fin du premier quart du 13e siècle, s’installent en Hors-Château, à proximité du cœur de la ville, afin d’être en contact avec sa population.
Dédiée à Saint-Antoine, leur église est achevée en 1244 et affectée depuis le Concordat (1801) au culte paroissial. Elle reste, dans son gros œuvre de grès houiller, le témoin des débuts prometteurs de l’ordre franciscain à Liège. L’édifice ogival primaire, limitant la partie sud du couvent, est enrichi d’une façade monumentale baroque au 18e siècle. L’intérieur est décoré dans le même style d’une ornementation de stucs. Cette décoration, pour le moins « présente », est parachevée au siècle suivant.
Egalement endommagée lors de l’explosion de la bombe volante du 16 décembre 1944, elle est particulièrement restaurée du coté chœur, retrouvant alors le style primitif simple qu’affectionnent les Franciscains. Retrouvé presque intact dans les décombres, le maître-autel du 13e siècle reprend son rôle liturgique tandis que des pierres tombales de diverses époques sont encastrées dans le dallage du chœur et dans les murs des bas-côtés. Un intérieur présentant ainsi une grande diversité de styles, reflet de la richesse de son histoire.
Une stabilisation du bâtiment entre 1961 et 1968, dans le but de lui éviter de verser vers la rue Hors-Château n’empêche toutefois pas l’exercice du culte jusqu’en 1977. L’église est alors désacralisée et la paroisse transférée en l’Eglise Sainte-Catherine, rue Neuvice.
La Ville de Liège qui en est propriétaire, décide de confier à la Province de Liège la gestion de la totalité de l’ancien ensemble architectural conventuel, comprenant l’église, le couvent et son musée et la maison Chamart. Le bail emphytéotique entérinant cette décision est signé en décembre 1989.
Depuis, totalement restaurée par ses nouveaux gestionnaires, l’Eglise Saint-Antoine abrite de nombreuses manifestations culturelles de prestige et sert d’écrin à des expositions temporaires.
Le musée
Un premier musée ethnographique du Vieux-Liège voit le jour en 1894, dans les locaux abandonnés de l’Académie des Beaux-Arts. Il est vite baptisé par le public : Musée dès vîs rahis’ (musée des vieilleries). Les locaux trop exigus sont repris par la Ville de Liège et il faut attendre 1913 pour que naisse enfin le Musée de la Vie wallonne, œuvre de militants wallons comme Joseph-Maurice Remouchamps, Jean Haust et Henri Simon. Les En 1925, elles en intègrent des dépendances, rue Féronstrée. Trois salles d’exposition permanente sont enfin installées et inaugurées en 1930, tandis que le théâtre de marionnettes frappe ses premiers « trois coups ». L’accroissement incessant des collections amène enfin le musée vers sa demeure actuelle où il s’installe progressivement, au gré de la rénovation d’après-guerre, entre 1963 et 1971.
En 1989, la Province de Liège signe, avec la Ville et l’Etablissement d’Utilité Publique du Musée, les documents qui lui confèrent pouvoirs et devoirs de gestion de ce patrimoine. Aujourd’hui, le Musée de la Vie wallonne rénové, tout en évoquant les sources de notre culture, actualise son champ d’analyse ethnographique et porte son intérêt jusqu’à nos jours… Un musée ancré dans le savoureux passé wallon, riche de la Wallonie présente et résolument ouvert sur celle de demain !
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